Au Canada, le droit à une caution raisonnable est protégé par l'article 11(e) de la Charte canadienne des droits et libertés. Cependant, dans certains cas, un accusé peut se voir refuser la mise en liberté sous caution en raison de risques perçus comme le non-respect de la loi, le risque de fuite ou des préoccupations en matière de sécurité publique. Bien que le refus de la mise en liberté sous caution soit un revers important, ce n'est pas nécessairement la fin de la route. Si de nouvelles circonstances surviennent après un refus de mise en liberté sous caution, l'accusé a la possibilité de demander une révision de la mise en liberté sous caution en vertu de l'article 520 du Code criminel du Canada.
Cet article fournit un guide complet sur ce qu'il faut faire lorsque de nouvelles circonstances apparaissent après le refus de la mise en liberté sous caution, en expliquant le cadre juridique, les étapes à suivre et la manière dont ces circonstances peuvent influencer la procédure de révision de la mise en liberté sous caution.
Avant d'aborder la question des nouvelles circonstances, il est essentiel de comprendre pourquoi la mise en liberté sous caution a pu être refusée. Lorsqu'il décide d'accorder ou non la mise en liberté sous caution, le tribunal prend en compte trois motifs principaux, tels que décrits à l'article 515(10) du code criminel :
Si le tribunal estime que la détention est nécessaire pour l'un ou plusieurs de ces motifs, l'accusé peut se voir refuser la mise en liberté sous caution. Cependant, la situation n'est pas toujours statique et de nouveaux développements peuvent modifier l'évaluation initiale du tribunal.
Les nouvelles circonstances désignent tout changement important qui n'était pas présent ou connu au moment de l'enquête initiale sur la mise en liberté sous caution, mais qui pourrait avoir un impact significatif sur la décision du tribunal. En voici quelques exemples:
Si de nouvelles circonstances sont apparues après le refus de la libération sous caution, il est essentiel d'agir rapidement et de suivre une approche structurée. Voici les principales étapes à suivre :
1. Consulter le conseiller juridique
La première étape, et la plus importante, consiste à consulter un avocat expérimenté en matière de défense pénale. Ce dernier peut évaluer si les nouvelles circonstances sont suffisamment importantes pour justifier un réexamen de la mise en liberté sous caution et vous guider dans le respect des exigences procédurales. Il peut également rédiger un argumentaire solide expliquant pourquoi le tribunal devrait reconsidérer sa décision initiale.
2. Déposer une demande de révision de la caution
En vertu de l'article 520 du code criminel, l'accusé peut demander une révision de la mise en liberté sous caution auprès d'une cour supérieure. Cette demande permet à la cour de réévaluer la décision initiale à la lumière de nouveaux éléments de preuve ou d'un changement de circonstances. Pour entamer la procédure, l'accusé (ou son avocat) doit
3. Compiler les preuves à l'appui
Pour renforcer la demande de révision de la mise en liberté sous caution, l'accusé doit rassembler toutes les preuves disponibles à l'appui des nouvelles circonstances. Voici quelques exemples de preuves :
4. Présenter la demande lors de l'audience de révision de la caution
Lors de l'audience de révision de la mise en liberté sous caution, le juge de la cour supérieure réévaluera l'affaire en fonction des nouvelles circonstances. La défense et le ministère public présenteront leurs arguments et le juge décidera de confirmer, de modifier ou d'annuler la décision initiale.
Le juge tiendra compte des éléments suivants :
La détention de l'accusé violerait-elle ses droits en vertu de la Charte, en particulier si la détention n'est plus justifiée à la lumière des nouvelles informations ?
Bien qu'une révision de la caution puisse apporter un soulagement, elle n'est pas sans poser de problèmes. Les obstacles les plus courants sont les suivants :
Les avocats de la défense jouent un rôle essentiel dans la procédure de révision de la mise en liberté sous caution. Leurs responsabilités sont les suivantes
Le temps est un facteur essentiel lorsque de nouvelles circonstances surviennent. Tout retard dans le dépôt d'une demande de réexamen de la mise en liberté sous caution peut prolonger la détention provisoire et affaiblir l'argument selon lequel un réexamen immédiat est nécessaire. Agir rapidement permet également de protéger les droits de l'accusé en vertu de la Charte.
Si la libération sous caution vous a été refusée ou a été refusée à un proche et que de nouvelles circonstances sont apparues, il est essentiel de demander l'avis d'un juriste expert. La révision d'une décision de mise en liberté sous caution peut offrir une deuxième chance d'obtenir la libération, mais la procédure nécessite une préparation minutieuse et une défense compétente.
En tant qu'avocate expérimentée en défense criminelle basée à Ottawa, je peux vous guider à travers chaque étape du processus de révision de la caution. Contactez-moi, Céline Dostaler, à l'adresse Celine Dostaler Avocat de la défense pénale, et ensemble, nous pourrons travailler pour obtenir la libération et protéger vos droits.